Jambes sans Repos

Le syndrome des jambes sans repos (SJSR), aussi appelé syndrome d’impatience ou syndrome d’Ekbom, s’observe fréquemment, mais reste mal connu. Décrit par le neurologue suédois Karl-Axel EKBOM (1907 – 1977) dans sa thèse de doctorat, ce syndrome se caractérise par un besoin irrésistible de bouger les membres inférieurs.

Des sensations désagréables telles que des démangeaisons, des picotements ou des brûlures y sont souvent associées.

Le sujet est alors contraint d’agiter ses jambes pour soulager les symptômes, voire se lever et déambuler. Parfois, cette envie de bouger s’accompagne de mouvements de jambes involontaires nocturnes, ce qui peut perturber le sommeil du conjoint.

 Symptômes

Appelé aussi syndrome d’impatiences, le SJSR se caractérise par les quatre symptômes suivants :

Impatience ou envie intense de bouger les jambes, devenant parfois irrésistible : ces impatiences s’associent souvent à une impression de mouvement dans les jambes et s’accompagnent d’autres sensations désagréables telles que picotements, fourmillements, torsions, décharges électriques, agacements et tiraillements. Même si ces sensations sont déplaisantes, dans un 1 cas sur 5, le terme de brûlure ou de douleur est employé par le patient.

Amélioration avec le mouvement : les sensations désagréables s’atténuent lors du mouvement volontaire des membres atteints, ce mouvement pouvant entraîner soit la disparition complète des symptômes, soit une amélioration partielle.

Survenue ou aggravation au repos : les troubles s’aggravent lorsque la personne atteinte est au repos, assise ou couchée.

Survenue ou aggravation le soir et la nuit, en particulier lorsque la personne atteinte est assise et détendue, ou allongée. Dans de nombreux cas, les patients sont réveillées fréquemment plusieurs nuits par semaine et, dans les formes sévères, ne s’endorment qu’à l’aube. Dans les formes les plus sévères, faute d’un repos réparateur, les sujets deviennent irritables, ne peuvent se concentrer. Leur qualité de vie s’en trouve perturbée et les répercussions sur la vie familiale et sociale sont indéniables.

Il n’existe aucun test de laboratoire pour confirmer le diagnostic ; ce dernier est donc basé exclusivement sur l’interrogatoire du malade.

Le diagnostic de SJSR est porté si les 4 critères décrits plus haut sont présents, et l’élimination des affections responsables du syndrome des jambes sans repos secondaire :

  1.                     carence en fer
  2.                     neuropathie
  3.                     insuffisance rénale

Afin d’éliminer un syndrome des jambes sans repos secondaire, il est donc nécessaire de faire réalsier un bilan biologique et un electromyogramme.

Prise en charge

Le but de la prise en charge médicale du SJSR est d’être le plus bénéfique possible, avec un minimum de risques. Dans ce contexte, une bonne stratégie est de déterminer les avantages et inconvénients de tous les traitements et de commencer par les plus bénins.

Dans les SJSR secondaires, le traitement débute par une correction des troubles sous-jacents. Ainsi, en cas de carence en fer, un supplément en fer peut suffire pour soulager les symptômes.

Pour chaque patient il convient d’identifier les habitudes et activités aggravant ou diminuant les troubles. Un régime sain et équilibré est important pour réduire la sévérité du SJSR. Une activité physique modérée et régulière peut favoriser une bonne hygiène du sommeil. De même, une mobilisation des membres avant le coucher, des bains chauds et froids, des massages, des exercices d’extension et une activité intellectuelle stimulante peuvent être fort utiles.

Lorsque ces mesures deviennent inefficaces, le recours à des médicaments s’impose.

Considérant que le diagnostic initial de ces formes, l’évaluation de leur sévérité et l’élimination des diagnostics différentiels nécessitent une expérience clinique particulière, ils doivent se faire dans le cadre d’une consultation de spécialiste. Les médecins spécialistes qui prennent en charge le SJSR sont les neurologues ou les médecins travaillant dans des centres du sommeil.

Il est important de parler de vos signes et symptômes à votre médecin généraliste. En cas de suspicion de SJSR, il pourra vous orienter vers un spécialiste. Celui-ci pourra confirmer, ou non, le diagnostic et mettre en route le traitement le plus adapté à votre cas.

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